Mon héros d’aujourd’hui, c’est mon ostéopathe. C’est le mien, oui ! Il s’appelle Alain et il est d’une gentillesse incommensurable ! Il y a quatre semaines, j’ai été submergée par une émotion très lourde : la solitude. Mon meilleur ami a décidé de chercher l’amour de sa vie. Il m’a laissée seule avec un vide immense. Avant de sortir du travail, qui m’a envahie d’un stress venu d’ailleurs, je me suis relâchée, en mode automatique. J’ai soulevé un fauteuil et mon dos a crié une douloureuse et dangereuse cassure que je n’ai évidemment pas prise au sérieux. Je suis sportive, je fais du sport une heure par jour, je mange sain, je suis dynamique, je suis curieuse et surtout très solide. C’est ce que je pensais jusqu’à ce que je ne puisse plus m’asseoir sur mon canapé avec aisance. J’ai eu mal et j’ai persisté à demeurer comme une plante face à la télévision pour tenter d’oublier tout ce marasme émotionnel. Au lit, un antalgique et une bonne nuit de sommeil, et tout serait réglé. Ça s’est réglé ! Le lendemain, je pouvais me lever comme à vingt ans, avec la possibilité infinie de ne rien faire de la journée. Dimanche, j’ai envisagé d’user ma liberté à me laisser porter par les heures. Après tout, j’étais en droit de continuer à ne rien faire. Aucun témoin de ce que je ne fais pas. Mon corps se soulage de cette inactivité. Je décide alors de continuer à faire doublement du sport afin d’évader mon esprit dans la nature. Deux heures de vélo et deux heures de marche ! Tout pour bien réveiller mon dos vers un traumatisme entamé ! J’ai pensé avec bêtise que faire de l’exercice à outrance allait éliminer toutes mes souffrances. Pendant la pratique sportive, c’était le cas, après, ça l’était beaucoup moins.

Je ne comprenais pas. Je savais d’où venait ce mal-être et j’avais décidé de le garder pour moi, de le minimiser, de lâcher prise sur mon amitié sincère en rompant la relation. Mais j’ai plutôt provoqué la rupture de mon corps, l’inclination volontaire et obsessionnelle de mon dos ! Dans une seconde étape, j’étais déterminée à le résoudre toute seule comme une grande, par l’écriture… Rien n’a marché dans le sens d’une guérison. Il a fallu que je me rende à l’évidence, je devais en parler à la personne concernée, que je lui avoue à quel point je tenais à elle et qu’elle me manquait terriblement. Dans une troisième étape, mon meilleur ami m’a persuadée d’aller trouver un ostéopathe. C’était la troisième semaine d’une souffrance qui m’a fait me pencher en avant et à gauche ! La catastrophe ! J’avais des a priori sur les ostéos, ces manipulateurs qui font craquer les os des vertèbres et qui se frottent les mains de l’apparition d’un symptôme plus grave.

Ça y est, j’y suis ! Je me laisse faire ! C’est lui le spécialiste ! Qu’il fasse ce qu’il veut de mon corps, tant qu’il me dégage de cette agonie ! Il est jeune, prêt à en découdre avec ce syndrome complexe. Les termes techniques abondent, les éléments se précisent, il me demande d’inspirer, d’expirer et craque ! Il me tord à droite, à gauche et craque à nouveau ! Je crie non pas de douleur mais d’effroi ! Il pose ses doigts sur ces zones telles que le psoas et le grand fessier, aïe, il me fait mal, mais il a vraiment l’air de connaître son boulot ! Ses gestes sont sûrs et en plus, il tient compte sans conteste de mon avis, de mes émotions et de mes peurs ! Trop bien ! Mieux qu’un psy, j’ai trouvé ! J’ai pu pleurer, en plus, il a su me dire que c’était normal, parce que ce qui me bloquait était véritablement émotionnel !

Aujourd’hui, mon héros, c’est mon ostéo ! Dès sa première intervention, le calvaire a pris fin. Je marche au mieux, je suis obligée de continuer à travailler, mais je sais que mon état s’améliore. Une seconde visite et des conseils pour m’étirer m’ont évité de prendre des tonnes d’antalgiques et d’anti-inflammatoires !

Mon corps a dit stop, je devais ralentir et me poser les bonnes réponses… non, non, plus de questions ! Que des réponses infinies et des inspirations qui me correspondent ! Et j’accepte mon meilleur ami tel qu’il est, j’accepte qu’il puisse se pencher sur une autre que moi ! À bat la jalousie, à mort la possessivité ! Dehors les tendances abandonniques… Je vis au jour le jour et je fais confiance à notre amitié, à la vie !

Et vous, qui est votre héros du jour ?
Cet article a été inspiré de mon ouvrage Rien d’important, je suis une femme et j’ai trente ans.