Je m’appelle Trévor, j’ai quatorze ans. Je vis dans un village de moins de trois mille habitants. Mon père m’a offert une mobylette pour mes treize ans. Il avait à cœur de me voir prendre des initiatives et devenir autonome. Moins à ses basques pour me rendre au rugby, moins dans les jupons de maman les mercredis après-midi. Il avait hâte de retrouver la femme qu’est maman pour revivre des siestes crapuleuses. Les enfants, c’est bien, mais il faut s’en occuper. Trois enfants, c’est pire, il faut se sacrifier ! En tant qu’homme dans la pleine force de l’âge, papa ne voulait pas se soumettre au quotidien, aux tâches ingrates ! Papa aime faire l’amour à maman, et à aucune autre femme, enfin, je crois ! Il est sûr de pouvoir prendre son pied, de ne pas avoir de maladies sexuellement transmissibles, il est si confiant qu’il ne se pose pas de questions. Maman est plus craintive de reprendre une vie amoureuse et sexuelle avec mon père. Après mon petit frère, elle s’est fait plaisir en le chouchoutant, le gardant auprès d’elle, barrière ultime aux assauts de papa.

Second d’une famille de trois garçons, je fais office de pivot. Je sers maman au mieux, réponds présent pour papa pour des petits services ménagers, mécaniques. Je leur dois bien ça ! En tout cas, c’est ce que j’entends souvent à la maison : « Après tout ce qu’on a fait pour vous ! » J’ai pris cette expression au pied de la lettre. Je pense que je les aime, que je déteste mon frère aîné et que j’adore le plus jeune. J’aime surtout ma voisine. Une trentaine d’années peut-être, elle vit chez sa mère. Je ne l’ai jamais vue avec un homme. Peut-être se réserve-t-elle pour moi ? On ne sait jamais. Lorsque je la croise, elle me sourit, d’un sourire large et avenant, montrant l’ensemble de ses dents très blanches et très bien rangées. Elle se plaît à me faire un coucou de la main droite et à me lancer « Hé, bonjour Trévor ! » Je n’ai jamais su quoi lui répondre, intimidé, préoccupé par l’envie de la baiser. Baiser comme dans ces films érotiques qui passent sur la sixième chaîne le dimanche soir tard. Ryan m’a fait découvrir cette émission. Un lundi matin, je l’ai vu plus fatigué que d’habitude. En classe de CM2 tous les deux, il nous révélait qu’il avait dormi à une heure et demie du matin. Il s’amusait à nous donner tous les détails sexuels, sensuels, des nichons et des gémissements provoqués par le mec. Il insistait sur les nichons. Dès lors, je me suis attelé à répondre présent à cette émission. Des années durant, des images m’ont poursuivi, celles de cette actrice mélangées aux miennes en train de prendre ma voisine par-derrière, l’embrassant dans le cou et ne sachant pas exactement comment procéder pour qu’elle crie à son tour. Je supposais que c’était très bon, en érection, touchant mon sexe de petit garçon.

Et puis, tout s’est accéléré en sixième, en cinquième avec les cours sur les règles, sur les spermatozoïdes en sciences de la vie et de la terre. Je cherchais des informations sur internet. Des vidéos très explicites, plus hard que celles perçues en primaire. Je visionnais ces films tout seul, discutant et rigolant avec Ryan et Tom de ces scènes de fous. La manière dont les hommes utilisaient ces femmes pour exploser de plaisir. C’est donc comme ça que papa faisait avec maman ? Je comprenais mieux qu’il veuille une autonomie précoce ! Les vidéos, c’est bien, mais je n’avais à ma portée aucune autre matière que mon sexe.

Un jour, passant devant le linge étendu de ma voisine, une impulsion s’est emparée de moi. De ma mobylette, j’ai arraché l’une de ses culottes, la déchirant tellement elle était accrochée sur le fil avec la pince. Je me suis vu et ressenti le faire, sans hésitation, mais avec une honte entendue lorsque je me suis aperçu, revenu chez moi, dans ma chambre, que cette culotte appartenait à sa mère, presque obèse et vieille d’une soixantaine d’années. La gêne, l’espoir que personne ne m’ait vu se sont emparés de moi. Il fallait dans la seconde me débarrasser de cette preuve de désinvolture extrême et infinie. Je l’ai brûlée avec la même précipitation et la même adrénaline que lors de son arrachage. Je me suis trouvé si bête et stupide que cet événement est resté secret ! Personne ne doit savoir, personne !

Et vous, avez-vous des secrets inavouables ?
Cet article est inspiré de mon ouvrage : Les filles touchent l’eau et les garçons voient une étoile filante.