Je m’appelle Pierre et j’ai vingt-six ans. Je sais de source sûre que celui qui attend en amour est le dominé. Celle qui domine, c’est elle. Ses silences, ses absences, ses réponses tardives font d’elle une personne presque inaccessible. C’est bizarre, cette sensation de vouloir se battre contre les moulins à vent, de désirer à tout prix être avec une personne qui nous échappe. Plus elle résiste et plus j’ai envie de la conquérir. Peu importe les moyens que je déploie. Je serai persévérant sans être harcelant. Les textos sont passés de mode. Je sais que ça peut énerver. Je ne sais pas quelle pourrait être son humeur à la réception de ces mots qui somme toute sont sympathiques. Quelle stratégie activer ? Beaucoup diraient : « Sois toi-même. » J’aimerais bien être moi-même, mais elle ne m’en donne pas forcément l’occasion. 

 

Je sors de chez moi avec la simple pensée de la rencontrer. Elle est coiffeuse, son salon donne sur la rue piétonne. Je sais que je peux l’étonner, la surprendre en lui offrant des fleurs. Elle aime les roses rouges. Elle me l’a dit. Elle aime les petits mots écrits sur une belle carte cartonnée et colorée. Elle ressent les choses à travers les vibrations de son corps. Elle est sportive. Avec ces roses, je lui dédie une carte de couleur rose, parfumée, sur laquelle j’écris de mes mains et de mon stylo noir que je serais ravi de l’inviter à marcher pieds nus sur la plage, à une heure d’ici. 

 

À travers la vitrine de son salon, je vois son sourire à la réception de ces cadeaux pleins de sens non seulement pour moi, mais aussi pour elle. Elle peut être comblée par mes avances authentiques et sincères. Alors, j’attends qu’elle se manifeste parce que je sais qu’elle le fera. Je peux être patient, elle ne peut qu’imaginer de bons moments avec moi, ressentant déjà le sable fin et blanc sous ses pieds, entendant le bruit des vagues de l’océan, humant l’air iodé à mes côtés. Ses blocages d’un amour passé se libéreront et trouveront une issue positive. Mon père a séduit ma mère de cette manière. Au lieu de se décourager et de se renfrogner en nourrissant un manque flagrant de confiance en lui, il s’est ouvert à ses possibilités infinies. Son mariage avec maman est un exemple d’une vie à deux sans obstacle. Il a toujours su que c’était elle, il n’a jamais douté du fait que c’était avec elle qu’il allait partager sa vie. Souvent, je lui demandais comment il avait su que c’était maman. À chaque fois, il me répondait droit dans les yeux : « Je l’ai su. Point. »

 

Alors pourquoi Élie ? Pourquoi me suis-je senti attiré par elle ? Je ne peux pas l’expliquer, je pense que la juste réponse est celle empruntée à mon père : « C’est elle. Point »

Trêve de questionnement d’un mental qui me détournerait de mes vœux d’amour et de bonheur. Je m’engage auprès d’elle, je passe à l’action pour la découvrir et vivre, juste vivre ce que j’ai à vivre le temps de cette vie si courte, en fin de compte…

 

Et vous, où en êtes-vous ? 

 

Cet article est inspiré de mon ouvrage : Ekena, l’enfant de l’amour.