Selon Doris Lessing, écrivaine britannique et Prix Nobel de littérature en 2007, « Ecrire sur soi-même c’est écrire sur les autres, puisque vos problèmes, vos souffrances, vos plaisirs, vos émotions — et vos idées extraordinaires et remarquables — ne peuvent pas n’appartenir qu’à vous. La façon de régler le problème de la « subjectivité », cette affreuse tendance à se préoccuper de l’infime individu qui se trouve en même temps pris dans une explosion de possibilités terribles et merveilleuses, consiste à voir en lui un microcosme et ainsi à dépasser le personnel, le subjectif, pour rendre le personnel général, comme le fait évidemment la vie, transformant une expérience intime — du moins le croyez-vous lorsque vous êtes encore enfant, « je suis amoureuse », « j’éprouve telle ou telle émotion, je pense telle ou telle chose » — en quelque chose de plus ample : grandir consiste en fin de compte à comprendre que sa propre existence incroyable et unique est ce que tout le monde partage. » (Le carnet d’or, 1976, page 18)

Doris Lessing - Andy marks amstrong - relation d'amour

En ce sens, je me suis sentie prête à partager de mon imagination et de ma vie professionnelle et personnelle. Au risque d’en choquer quelques uns, d’en émouvoir d’autres, je me plonge dans mes récits en m’attachant en permanence à mes personnages. J’aurais été d’avis de rencontrer cette grande dame de la littérature, malheureusement, elle est morte en 2013, à l’âge de 94 ans. J’aime sa manière de décrire la littérature, sa liberté d’expression et de vie. Le cinéma m’a menée à elle, en 2013, avec la diffusion sur les grands écrans du film de la réalisatrice française Anne Fontaine, intitulé Perfect Mothers. L’adaptation de son livre Les Grands-mères, publié en 2003, m’a touchée profondément non seulement par les images magnifiques de la côte ouest de l’Australie mais également par les relations passionnelles qui se nouent entre les protagonistes de générations différentes. L’amitié et l’amour en sont les sujets principaux, la rencontre charnelle et émotionnelle porte l’étendard de l’absolue beauté de la vie. Ses vibrations positives, ses retours troublants et déstabilisants. Le tourbillon des émotions se plie dans le regard de chacun. Le style littéraire de Doris Lessing laisse présager des pensées projetées sur l’autre.

J’aime son engagement d’être, de n’être soumis à aucun régime, de ne suivre que son instinct de dire, d’agir, de savoir. Lire ce que nous voulons lire, au moment où nous sommes prêts à le lire, lire le premier chapitre d’un livre, puis son dernier chapitre, lire ce qui nous intéresse, voilà ce qui renvoie au plaisir de la littérature. Je sais que j’ai commencé des livres, sans jamais les finir, parce que trop long, trop rébarbatifs en milieu de parcours. Je m’amuse à les découvrir autrement, à ma convenance, avec l’audace de survoler certains passages, d’en surligner d’autres, d’en ignorer la plupart, pour être submerger par cette liberté infinie de la lecture, des images, des sons, des odeurs, des souvenirs, des associations d’idées, des émotions défilant et circulant en moi, comme un film savoureux et langoureux. Que chacun puisse s’ouvrir à lui-même !

Et vous à quel écrivain souhaitez-vous rendre hommage ? Comment vous y prenez-vous pour prendre plaisir à lire ? Lire, découvrir, vous ouvrir à un autre monde plein de vos images animées par les mots de l’autre, vivant ou mort, remplis de messages, de massages du cerveau…Tout paraît si tranquille et si calme dans cette posture de lectrice, allongée là sur mon lit ou sur mon canapé à nourrir mes rêves les plus fous, mes fantasmes les plus effrénés.

J’écris et j’aime la manière dont mes doigts s’activent à rendre visible mes pensées !

A vous de jouer !

Doris m’inspire en tant que femme mais surtout en tant qu’auteure. Si aujourd’hui j’ai écrit et publié 4 ouvrages, c’est en partie grâce à elle !